La confiance absolue, le smoke meat et la crotte de caribou
- Josée Mercier

- 21 juin
- 5 min de lecture
Il y a un chemin doux et réconfortant qui m’amène toujours au bon endroit, au bon moment. Juste à penser à ce chemin, je me sens confiante ; j’avance avec légèreté, sans me poser de questions. Il s’agit du chemin de la confiance absolue. Pour moi, c’est une voie de certitude qui me donne, pas après pas, l’élan d’avancer quoi qu’il arrive.
Ce sentiment d’être soutenue… Est-ce la foi en un plan plus grand que soi ? Je crois que oui. Et je suis convaincue que ce chemin t'attend toi aussi, peu importe où tu te trouves aujourd'hui.
Voici donc l'histoire qui un jour, a soutenu ma croyance.

Il y a quelques années, lors d’une pause ressourcement en Gaspésie, j’ai pris la route vers le mont Olivine. Je logeais au gîte Rêve et Réalité à Cap-Chat, un lieu significatif qui m’avait permis de réaliser mon grand rêve d’effectuer le grand tour du mont Albert en 2012. Le petit-déjeuner gourmand de mon amie Christiane, l’hôtesse, m’avait bien rempli l’estomac. Après avoir salué mon nouvel ami le phoque, installé sur son rocher en face du gîte, c’est le cœur joyeux que j’ai sillonné le bord du fleuve — que j’aime bien déjà appeler la mer, tellement son embouchure est grande —, avant de piquer dans le bois. La route pour se rendre au parc est majestueuse. Enfin, la route pas tant, mais les montagnes de part et d’autre, oui. J’étais en admiration.
La randonnée s’annonçait de cinq à six heures et je suis partie avec un sac à dos peu rempli : une gourde d’eau et un fond de sac de noix de grenoble. Je suis partie le cœur et le sac légers, en me rappelant clairement que je ne manque jamais de rien.
Quand on est sur ce chemin de la confiance, plus rien ne peut nous arrêter. Il y a une absence totale de peur. Je ne crains jamais de partir toute seule, même dans des sentiers escarpés, car je me sens « bénie des Dieux », comme j’aime le dire. La vie me soutient à chaque instant. Je savais qu’à tous les jours, des gens passent par ce sentier, donc je n’étais pas seule.
Je suis montée allègrement avec le sourire, malgré l’effort à déployer. Juste de me retrouver dans ces montagnes, en nature, j’étais en gratitude. Juste de me permettre ces moments de connexion à moi, à la nature — chose que j’ai longtemps omise — ça me rend heureuse. J'ai ressenti cette force motrice incroyable, cette légèreté où les cellules dansent. Pour moi, ça passe souvent par les frissons. Chaque frisson m’indique que je suis sur la bonne voie. Tu as déjà ressenti ça, toi aussi ?
Au sommet, un groupe de gens un peu plus jeunes que moi riaient, visiblement heureux. L’un d’eux me lance à la blague : « Tu t’es perdue en chemin ? » Je réponds, tout aussi amusée, qu’effectivement, je suis perdue, ce qui nous fait bien rire !
Je suis allée m’asseoir plus loin, sur une grande surface rocheuse plane, pour m’éloigner du groupe un peu bruyant. Le ciel bleu était incroyable, avec des nuages blancs à vouloir y dormir dessus. C’est le paradis de la montagne. Je sortais mon eau et mon reste de noix
quand une femme du groupe est venue me voir. Elle m’a remis un sandwich au smoked meat en disant qu’ils en ont trop. Je n’avais pas vraiment faim, mais j’ai accepté ce cadeau en la remerciant. Elle a reviré ses talons et me voilà avec cette certitude : la vie m’apporte exactement ce dont j’ai besoin. J’ai dégusté ce sandwich délicieux, avec juste bien de la moutarde, avec amusement.
À chaque fois qu’un petit miracle comme celui-ci se produit, j’en reste ébahie. Cela renforce ma croyance. C’est cette foi absolue qui me permet d’arriver au sommet et de réaliser mes rêves. J’ai confiance en ma force intérieure, en mes capacités, en plus de me sentir soutenue par plus grand que moi : appelons ça la Vie avec un grand V.
Après une heure de contemplation, j’ai entamé la descente. J’ai choisi de reprendre le même tracé puisque j’avais envie de bifurquer un peu plus bas pour aller admirer le lac des Américains. Un lac entouré de montagnes, digne des plus belles cartes postales.
En descendant, je me suis retrouvée à sec, sans eau. Mais rappelle-toi que j’ai la confiance absolue. Je me suis arrêtée devant un endroit magnifique où coule l’eau de source, entourée d’un décor de mousses bien vertes. Avec mon innocence, je me suis dit que cette eau devait être délicieuse et purifiée en cours de route. Bon, je me suis fait rire moi-même en me disant : « À moins qu’un caribou ait chié direct dans le ruissellement de cette source, je dois être en sécurité ! » Je me surprends à rire toute seule de ma propre logique.
Je me suis placée face à la source, les mains sur le cœur et j’ai demandé : « Est-ce que cette eau est bonne pour moi ? » Tout de suite, mon corps a penché naturellement vers l’avant. C’est ma façon de vérifier : vers l'avant c'est oui, vers l'arrière c'est non. Qu'on y croie ou non, ce que je sais, c'est que si mon corps dit oui, c’est parce que mes pensées croient que je suis en sécurité. Et si je crois qu’il n’y a pas de problème, je peux boire cette eau rafraîchissante et très froide sans aucun effet secondaire. Si on croit, on peut.
Imagine si on marche en ayant toujours peur, en pensant qu’il nous manque sans cesse quelque chose, ou en craignant de se blesser. Comment vivrait-on l’expérience ? Partirais-tu avec un sac à dos aussi léger que le mien ? Je ne dis pas d’être complètement insouciante. Je dis juste que la vie nous soutient si on accepte de lui faire confiance. Notre corps nous soutient dans nos efforts.
Et je t’avoue, en toute authenticité, qu’il y a des sphères de ma vie où j’aimerais que la confiance absolue soit encore plus au rendez-vous. Des zones qui me donnent encore des allers-retours de hamsters dans une roue… Je vais possiblement t’en parler un peu plus loin sur le chemin de la présence ou de la bienveillance.
Mais aujourd'hui, j'avais envie de te déposer cette certitude. Pour que toi aussi, tu puisses te rappeler que tu es capable, que tu as cette force en toi, et que tu es pleinement soutenu.
Mantra du découvreur : « Je marche, le cœur léger, car je sais que le chemin ne m'attend pas : il se crée par la confiance que j'y dépose. »

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